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Article 1242 alinéa 5 : la responsabilité du fait d’autrui expliquée

Nov 20, 2025 | Assurance

L’article 1242 alinéa 5 du code civil rend l’employeur responsable des dommages causés par son salarié dans l’exercice de ses fonctions. Depuis l’ordonnance du 10 février 2016, ce texte figure à l’article 1242 du code civil, sans le moindre changement de fond.

Chez Cabello & Associés, cabinet dédié à la défense des victimes depuis 1990, nous vous expliquons qui répond du dommage, à quelles conditions et comment obtenir réparation.

Ce qu’il faut retenir

Point clé Ce qu’il faut savoir
Texte applicable L’article 1384 est devenu l’article 1242 du code civil depuis la réforme de 2016.
Alinéa 5 Le commettant répond des dommages causés par son préposé dans ses fonctions.
Nature de la responsabilité Une responsabilité de plein droit, sans faute du civilement responsable à prouver.
Principale limite L’abus de fonctions du préposé libère le commettant de toute obligation.
Intérêt pour la victime Un débiteur solvable et assuré, face à un auteur souvent sans ressources.
Délai pour agir 10 ans à compter de la consolidation en cas de dommage corporel.

Le texte de l’article 1384 alinéa 5 et sa renumérotation

L’article 1384 alinéa 5 du code civil pose une règle limpide : celui qui emploie répond des dommages causés par celui qu’il emploie. L’ordonnance du 10 février 2016 a déplacé ce texte à l’article 1242 du code civil, avec une numérotation d’alinéas identique et un contenu strictement inchangé. Avocats, magistrats et assureurs continuent d’ailleurs de citer l’ancienne référence, encore présente dans quantité de contrats et de décisions.

Cet article répartit la responsabilité du fait d’autrui entre plusieurs catégories de personnes :

  • L’alinéa 4 rend les parents solidairement responsables du dommage causé par leur enfant mineur qui habite avec eux.
  • L’alinéa 5 vise les commettants, c’est-à-dire les employeurs, pour les dommages causés par leurs préposés dans leurs fonctions.
  • L’alinéa 6 concerne les instituteurs et les artisans, pour le fait de leurs élèves et de leurs apprentis.
  • L’alinéa 7 réserve aux parents et aux artisans une exonération, à condition de prouver qu’ils n’ont pu empêcher le fait dommageable.

La responsabilité du commettant du fait de son préposé

L’alinéa 5 fait peser sur l’employeur la charge d’indemniser la victime, sans que celle-ci ait à démontrer la moindre faute de sa part. La victime s’adresse ainsi à une entreprise assurée plutôt qu’à un particulier insolvable. La règle joue pleinement quand un chauffeur-livreur percute un piéton, situation dans laquelle un avocat en accident de la route mobilise à la fois la loi Badinter et l’article 1242.

Les 3 conditions d’application de l’alinéa 5

3 conditions cumulatives déclenchent la responsabilité du commettant :

  • Un lien de préposition unit l’employeur au salarié, dès lors que le premier donne des ordres et contrôle le travail du second.
  • Une faute du préposé cause un dommage à la victime, par imprudence ou par manquement délibéré.
  • Le fait dommageable survient dans l’exercice des fonctions confiées, sur le temps et le lieu de la mission.

Réunies, ces conditions ferment toute discussion sur la vigilance de l’employeur : la victime prouve seulement la faute du salarié et son lien avec la mission.

L’abus de fonctions, la limite posée par la jurisprudence

Le commettant échappe à sa responsabilité dans un cas unique : l’abus de fonctions. La Cour de cassation l’admet quand le préposé agit hors de ses fonctions, sans autorisation et à des fins étrangères à sa mission. Ces 3 critères se cumulent, ce qui rend l’exonération exceptionnelle. L’arrêt Costedoat du 25 février 2000 protège d’ailleurs le salarié qui demeure dans les limites de sa mission : son employeur répond seul du dommage.

Bon à savoir : notre équipe constate que les assureurs invoquent volontiers l’abus de fonctions pour écarter la garantie de l’entreprise. Dans les faits, les juges exigent les 3 critères réunis, et le seul non-respect d’une consigne interne ne suffit jamais. Un salarié qui roule trop vite pour tenir ses délais agit dans ses fonctions : son employeur répond du dommage.

Vos démarches pour obtenir réparation

Votre indemnisation commence par l’identification du civilement responsable, puis par la déclaration du sinistre à son assureur. L’expertise médicale chiffre ensuite chaque poste de préjudice selon la nomenclature Dintilhac. Notre cabinet vous y assiste avec un médecin-conseil indépendant et vous montre, à travers des exemples d’indemnisations obtenues, ce que représente une réparation intégrale.

Plusieurs réflexes protègent vos droits dès les premières semaines :

  • Conservez les preuves du fait dommageable : constat, photographies, coordonnées des témoins.
  • Faites constater vos blessures par un médecin, puis rassemblez chaque certificat et arrêt de travail.
  • Vérifiez la qualité du responsable, salarié en mission ou mineur, car elle commande le fondement juridique.
  • Sollicitez notre accompagnement dans l’indemnisation des victimes avant toute signature d’une offre.

Vous avez été blessé par un salarié en mission et vous subissez un refus d’indemnisation abusif de la part de l’assureur ? Contactez Cabello & Associés pour une première consultation gratuite, sans aucun frais à avancer : notre équipe analyse votre situation et engage les démarches utiles.

FAQ – Article 1242 alinéa 5 du code civil

Un salarié peut-il être condamné personnellement ?

Oui, un salarié engage sa responsabilité personnelle dans 2 situations. Il perd son immunité civile lorsqu’il dépasse les limites de sa mission, ou lorsqu’il commet une infraction pénale intentionnelle. En dehors de ces hypothèses, l’employeur assume seul l’indemnisation de la victime, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation.

Comment prouver le lien de préposition ?

Le lien de préposition se prouve par l’existence d’un rapport d’autorité : un contrat de travail, des ordres donnés, un pouvoir de contrôle et de sanction. Un bulletin de salaire, un ordre de mission ou l’attestation d’un collègue suffisent généralement. Ce lien existe aussi hors salariat, dès qu’une personne agit sous la direction d’une autre.

Quel délai pour agir contre le responsable ?

Le délai d’action atteint 10 ans à compter de la consolidation de votre dommage corporel, selon l’article 2226 du code civil. Ce délai passe à 20 ans pour les faits les plus graves, notamment les violences volontaires sur mineur. Agir tôt vaut mieux, car les preuves et les témoignages se dégradent vite.

Qui indemnise si l’employeur n’est pas assuré ?

Le Fonds de garantie intervient lorsque le responsable demeure insolvable ou dépourvu d’assurance, sous conditions de gravité du dommage. Sachez par ailleurs que la nullité du contrat d’assurance ne peut pas être opposée aux victimes : l’assureur indemnise, puis se retourne contre son assuré. Notre cabinet identifie le dispositif adapté à votre dossier.

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